Chansons populaires bulgares
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Accueil } Arnaoudov, Chansons populaires du village de Svogue } La brebis bréhaigne
OFTCHARTCHE stado izgoubi,UN bergerot perdit son troupeau,
oftchartche stado trajilole bergerot cherchait son troupeau
po pousta gora zelena,à travers la forêt verte et déserte,
nigde si stado ne nayde.nulle part il ne trouva son troupeau.
5Nasrechta mou ide devokya,À son encontre vint une jeune fille,
pa na oftchartche govori :et elle parla au bergerot :
« Oftchartche chtouro, gloupavo,« Ô bergerot niais et stupide,
hodi li stado po gora ?les troupeaux vont-ils aux forêts ?
Stado si hodi po pole,Les troupeaux vont aux plaines,
10po pole i po planina ! »aux plaines et aux montagnes ! »
Oftchartche nichto ne retche,Le bergerot ne répondit rien,
no si otide, otideet cependant il alla, il alla
na vărh na Stara planina,au sommet de la Vieille montagne,
na tazi ravna roudina,sur cette clairière unie,
15zagradi străga kamena,il bâtit un portillon de bergerie en pierre,
naredi strebro stolove,il aligna des tabourets d’argent,
nakatchi sărma tsedilki,il suspendit des passoires à fils d’or,
naredi vedra kovani,il aligna des seaux forgés,
pa si zastana kray străga,et il se tint debout près du portillon,
20sas meden kafal zasviri,il se mit à jouer d’une flûte de cuivre,
sas zlaten zvănets zadrănka.il se mit à tinter une clochette d’or.
Sitchko go stado dotchoulo,Tout le troupeau l’entendit,
dotchoulo ochte razbralo,l’entendit et le comprit,
ta se na străga săbralo,et se rassembla au portillon,
25ou stado oftsa chteritsa,il y avait dans le troupeau une brebis bréhaigne,
na tchelo nossi jăltitsa,sur son front elle portait une pièce d’or,
na gărlo kamen bestseni.sur sa gorge — une pierre précieuse.
Izlezna moma devitsa,La jeune fille vierge apparut,
iznesse zlato s panitsa,elle apporta de l’or avec une écuelle
30i zlatna tchacha s voditsa,et un verre doré rempli d’eau,
săs zlato stado nakărmi,avec l’or, elle nourrit le troupeau,
cherbet go voda napoï,avec l’eau sucrée, elle l’abreuva,
natsenila e oftchartche,elle estima beaucoup le bergerot,
oftchare i chilegare,le bergerot, le pastoureau,
35sednali stado da mălzat.ils s’assirent pour traire le troupeau.
Ou stado oftsa problaya,Dans le troupeau, la brebis se mit à bêler,
kato blaeche, ehteche,quand elle bêlait, elle gémissait,
sas noga zemya kopache,de sa patte elle fouillait la terre,
sas doucha gora lomeche.de son souffle elle fracassait la forêt.
40Nikoy si oftsa ne razbra,Personne ne comprit la brebis,
keaya oftsa razbralo,le maître-berger comprit la brebis,
pa si na oftsa govori :et il parla à la brebis :
« Oftchitse, mlada chteritse,« Ô brebis, ô jeune bréhaigne,
zachto mi ehtich i blaïchpourquoi gémis-tu et bêles-tu —
45dali si voda prepila,est-ce que tu as bu trop d’eau,
dali si zlato pregrebla ? »est-ce que tu as mangé trop d’or ? »
Oftsa keaï govori :La brebis parla au maître-berger :
« Keaï chtouri, gloupavi,« Ô vous, maître-berger niais et stupide,
oti ste chtouri, gloupavi ?pourquoi êtes-vous niais et stupide ?
50Nito sam voda prepila,Ni je n’ai bu trop d’eau,
nito sam zlato pregrebla,ni je n’ai mangé trop d’or,
lyouta sam treva otpasla,j’ai brouté de l’herbe piquante,
techka mi măka prepadna ;j’ai ressenti une grande douleur ;
ya si oulezni ou stado,introduis-toi donc dans le troupeau,
55ta me izvedi kray străga,et fais-moi sortir près du portillon,
izvadi malko nojentse,sors un petit coutelet,
ta me ou tchelo oubodi,et pique-moi au front,
tri kapki kărve da padnat,que trois gouttes de sang tombent,
măkata da mi premine. »que ma douleur passe. »
60Keaya vlezna ou stado,Le maître-berger s’introduit dans la troupeau,
izvede oftsa kray străga,il fit sortir la brebis près du portillon,
bărknal e svilni djebove,il fouilla dans ses poches de soie,
izvadi malo nojlentse,il sortit un petit coutelet,
oftsa ou tchelo oubode.il piqua la brebis au front.
65Tri kapki kărve kapnale,Trois gouttes de sang dégouttèrent,
na oftsa măka premina.la douleur de la brebis passa.
Deka sa kărve kapnale,Là où le sang dégoutta,
tam trava ne e niknalo,là-bas pas une herbe ne poussa,
tam tsvete ne e tsăfnalo,là-bas pas une fleur ne fleurit,
70yassen e oguen planalo.un feu clair flamba.
Deka e oguen planalo,Là où le feu flamba,
tam trava ne e niknalo,là-bas pas une herbe ne poussa,
tam tsvete ne e tsăfnalo,là-bas pas une fleur ne fleurit,
bestsen e kamik padnalo,la pierre précieuse tomba,
75yasna si dzvezda izgreya,une claire étoile se leva,
ta site dzvezdi nadgreya,elle surpassa par sa clarté toutes les étoiles,
tsar si voynitsi nasloujile roi posta ses soldats…
Source
BAN [1930], № 3.

Traduction inédite

Mise à jour le 26 décembre 2006

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