Chansons populaires bulgares
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GLOUHA ye doba, potayna,DANS le silence de la nuit,
messets ye greynal nad selo,la lune s’est levée au-dessus du village,
dedjidi, săntse ’aydouchko,or çà, soleil des rebelles,
dedjidi, săntse ’aydouchko.or çà, soleil des rebelles.
5Po droum droujina minouvaSur la route, une troupe passe
kray selo krotko zaspalo,près du village paisiblement endormi,
dedjidi, selo komitsko,or çà, village des révolutionnaires,
dedjidi, selo komitsko.or çà, village des révolutionnaires.
Jalna im baba nasrechtchaUne grand-mère affligée à leur encontre
10milo si pita droujina :demande tendrement à la troupe :
« Droujina mila na baba,« Ô troupe chère à grand-mère,
kam vi, droujina, mlad Radon,où est mon jeune Radon, ô troupe,
deka, droujina, ostanaoù est resté, ô troupe,
moeto tchedo perinsko ?mon enfant de Perin ?
15Ostana, babo, ostana— Il est resté, ô grand-mère, il est resté
gore mi, gore na Rila,là-haut, là-haut sur Rila,
na Godlevskata planina.sur la montagne de Godlevo.
Kam mou, droujina, pouchkata,— Où est son fusil, ô troupe,
pouchkata, babi, droujkata ?son fusil, son compagnon, ô fistons ?
20Ostana, babo, ostana,— Il est resté, ô grand-mère, il est resté
gore mi, gore na Rila,là-haut, là-haut sur Rila,
na bor stoleten, vekoven.sur un pin centenaire, séculaire.
Kam mou, droujina, sabyata,— Où est son sabre, ô troupe,
sabyata tchitchovata mou,le sabre de son oncle,
25droujina mila na baba ?ô troupe chère à grand-mère ?
Ostana, babo, ostana— Il est resté, ô grand-mère, il est resté
gore mi, gore na Rila,là-haut, là-haut sur Rila,
po tiya chirni poleni,sur ces vastes clairières,
dedjidi, zreli yagodi.or çà, parmi les fraises mûres.
30Kam mou, droujina, tchepeto,— Où est sa pèlerine, ô troupe,
tri godin go baba tchitila,trois années grand-mère l’a ornée,
miloto tchepe komitsko ?sa chère pèlerine de révolutionnaire ?
Ostana, babo, ostana— Elle est restée, ô grand-mère, elle est restée
gore mi, gore na Rila,là-haut, là-haut sur Rila,
35na diva koza legalo.servir de lit aux chèvres sauvages.
Jalna mi babo, poslouchay,Ô grand-mère affligée, écoute un peu,
koga nocht strachna nastane,quand la terrible nuit tombe,
zaviyat vlătsi, lessitsi,loups et renards se mettent à hurler,
zabouhat ptitsi zlokobni,oiseaux de malheur se mettent à huer,
40bouhayte, ptitsi krăvnichki !huez, oiseaux sanguinaires !
kogato revne gorata,quand la forêt se met à mugir,
oy more, goro zelena !oh, forêt verte !
Radon ot groba izlazi,Radon sort de sa tombe,
otkatcha pouchka ot boro,il décroche du pin son fusil,
45zapasva sabya frendjiya,il ceint son sabre français,
nameta tchepe komitsko,il endosse sa pèlerine de révolutionnaire,
po gori brodi samoten,à travers les bois il erre solitaire,
tchitcho si Blago da trassi.pour chercher son oncle Blago.
Kam vi, droujina, mlad Radon,— Où est mon jeune Radon, ô troupe,
50mlad Radon, vacha voyvoda,mon jeune Radon, votre commandant,
moyeto tchedo perinsko,mon enfant de Perin,
moyeto tchedo perinsko ? »mon enfant de Perin ? »
Notes et variantes
12 Radon : « Radon Todev et sa compagnie se sont rendus dans la montagne pour protéger la fuite des habitants de Bansko et de la région à la suite de l’échec de l’insurrection de la Saint-Élie. Le voyvoda et sa troupe s’attendent à être massacrés par les Turcs dans cette mission de retardement. C’est pourquoi il demande aux prêtres de Bansko de chanter un Requiem au préalable. Il se savait condamné lui et sa troupe. L’office a eu lieu à l’église de la Vierge (c’est l’église du cimetière) et non à l’église de la Trinité (c’est l’église principale de Bansko, l’église où l’on célèbre les noces). Les voilà qui se rendent tous dans la montagne. Ils y sont tous tués, à l’exception d’un seul partisan, blessé, qui s’était enduit du sang de son frère tué et s’était caché sous son corps. Quand les Turcs s’approchèrent pour vérifier que ces partisans étaient bien morts en les perçant à la baïonnette, celui-là survécut. La compagnie savait que la frontière avec la Bulgarie libre (la Macédoine) était à quelques centaines de mètres. Mais aucun partisan ne fit défection. Tous combattirent jusqu’au dernier pour retarder l’avance des Turcs lancés à la poursuite des réfugiés » (Matsourev dans Cuisenier [1998], p. 71).
Source
VVD-Rouytchev [2001], pis. 12.

Traduction inédite

Mise à jour le 9 janvier 2008

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