Chansons populaires bulgares
Bălgarski narodni pesni
Alphabet cyrilliqueAlphabet latin
Accueil } Dozon, Chansons populaires bulgares } La Nymphe mariée malgré elle
PASSAL ye Stoyan teltsiteSTOYAN paissait les veaux
na samodivski horichtadans les lieux de danse des Nymphes
i si s mednitchka sam svirel ;et se divertissait à jouer de la flûte ;
Samodivi se săbrali,les Nymphes se rassemblèrent,
5săbrali i sa igrali,se rassemblèrent et dansèrent,
igrali i s’ oumorili,dansèrent et se fatiguèrent,
tche sa vissoko hvrăknalipuis en l’air elles prirent leur vol
po zelenite elhitsià travers les verts sapins
gdeto bistrite kladentsi,où sont les sources limpides,
10i po tsvetnite moravkiet par les prairies en fleurs
do ravnite mi polyanki.jusqu’aux plaines unies.
Trite se goli săblekli,Toutes trois se déshabillèrent nues
da vlyazat da se okăpyat,pour entrer dans l’eau, pour se baigner,
tche si roklite săbleklielles ôtèrent leurs robes
15i zlatokrayki mahramiet les coiffes aux bords dorés
săs zelen poyas mominskiavec la verte ceinture virginale
i samodivsko zabountche.et la veste merveilleuse.
Stoyan si stado pokaraStoyan poussa son troupeau
tche go na valog prevali,et lui fit descendre la pente,
20Samodivite izdebna.il surprit les Nymphes.
Stoyan im rokli otkradna,Stoyan s’empara de leurs robes,
Samodivi sa izlezliles Nymphes sortirent,
i trite goli bez rizi,nues toutes trois, sans chemise,
trite se molyat Stoyanou :et toutes trois supplient Stoyan :
25« Stoyene, mlado ovtchartche,« Stoyan, jeune berger,
day ni, Stoyene, roklite,donne-nous, Stoyan, nos vêtements,
roklite samodivskite. »nos vêtements merveilleux. »
Stoyan im gui ne dava.Stoyan ne veut pas les leur donner.
Nay-părvata mou govori :L’aînée lui dit :
30« Day mi, Stoyene, roklyata,« Rends-moi, Stoyan, ma robe,
tche imam mayka machtihacar j’ai pour mère une marâtre,
i mayka mi me oubiva. »et ma mère me tuerait. »
Stoyan i nichto ne kaza,Stoyan rien ne lui répondit,
nay i roklyata podade.mais il lui remit la robe.
35Vtorata douma Stoyanou :La seconde dit à Stoyan :
« Day mi, Stoyene, drehite,« Rends-moi, Stoyan, mes habits
tche imam bratya do devet,car j’ai des frères, ils sont neuf,
i tebe i men’ oubivat. »et ils nous tueraient et toi et moi. »
Stoyan i nichto ne kaza,Stoyan ne lui répondit rien,
40nay i drehite podade.mais il lui remit ses vêtements.
Tretyata kazvat Mariyka,La troisième, on l’appelle Mariyka.
tiya Stoyanou doumache :Celle-là disait à Stoyan :
« Day mi, Stoyene, drehite,« Rends-moi, Stoyan, mes habits,
drehite samodivskite,mes habits merveilleux,
45tche săm az edna ou maykacar je suis unique enfant de ma mère,
za sinets i za dăchterya ;je lui suis pour fils et pour fille ;
ti da ne sakach, Stoyene,toi, Stoyan, ne cherche pas
Samodiva jena da vodich,à prendre une Nymphe pour femme,
Samodiva dom ne săbiraune Nymphe n’enrichit pas une maison,
50nito ti detsa otglejda. »et n’aurait pas soin non plus de tes enfants. »
Stoyan i tiho govori :Stoyan doucement lui répond :
« Az takvaz’ tărsya devitsa« C’est une telle jeune fille que je cherche
gdeto ye edna ou mayka. »qui soit l’unique enfant de sa mère. »
Tche ya ou tyah si zavede,Et il l’emmena chez lui,
55s drougui ya drehi obletchela vêtit d’autres habits,
i za neya se ojeni ;et se maria avec elle ;
sveti Ivan gui ventchaval.saint Jean fut leur témoin.
Tri godini se vodili,Trois ans ils vécurent ensemble,
stanala troudna, nevolna,elle devint enceinte, grosse,
60măjka ye rojba dobila,elle mit au monde un enfant mâle,
sveti Ivan ya krăchtaval.saint Jean en fut le parrain.
Kato deteto krăstiliQuand on eut baptisé l’enfant,
yali sa, yochte pili sa,on mangea et de plus on but,
sveti Ivan se soumyassa,saint Jean se mit une idée en tête,
65tche na Stoyana doumache :et il disait à Stoyan ;
« Stoyene, koumtche Stoyene,« Stoyan, compère Stoyan,
ya da mi, koumtche, posvirichallons joue-moi, compère,
s tvoyata gayda mechnitchka,de ta musette de peau,
koumitsa da mi poïgrayafin que ma commère danse
70kak Samodivi igrayat. »comme dansent les Nymphes. »
Stoyan s mechnitsa zasviriStoyan se mit à jouer de la musette
a Mariyka y’ zaïgralaet Mariyka commença à danser
kakto horata igrayat.comme les hommes dansent.
Sveti Ivan i govori :Saint Jean lui dit :
75« Mariyke, mila koumitse,« Mariyka, chère commère,
chto mi, koumitchke, ne igraychpourquoi, commère, ne danses-tu pas
kakto Samodivi igrayat ?comme dansent les Nymphes ?
Koume le, sveti Ivane,— Saint Jean, mon compère,
moli se, koume, Stoyanouprie, compère, Stoyan
80da mi izvadi drehite,qu’il me donne mes habits,
drehite samodivskite,mes habits de Nymphe,
bez tyah ne moga da igraya. »sans eux je ne puis danser. »
I sveti Ivan mou se pomoliEt saint Jean lui en fit la prière
i mi se Stoyan pridouma,et Stoyan se laissa persuader,
85samsi se Stoyan izlăga,Stoyan se trompa lui-même croyant,
kato mou y’ rojba dobilacomme elle lui avait donné un enfant,
ne chte za nazad pomisli,qu’elle ne penserait pas à s’en retourner,
tche i roklyata izvadi,et il aveignit les habits,
izvadi ta i podade.les aveignit et les lui remit.
90I Mariyka se razvărtya,Et Mariyka fit une pirouette,
tche iz kominya izhvrăknapuis s’envola par la cheminée,
tche na kăchtata katsnala,se posa sur la maison
samodivski si zasviri,et siffla à la façon des Nymphes,
tche na Stoyana doumache :et elle parlait à Stoyan :
95« Nali ti rekoh, Stoyene,« Ne te l’avais-je pas dit, Stoyan,
Samodiva dom ne dom’va ? »qu’une Nymphe ne tient pas une maison ? »
Plesnala rătse, plesnalaElle battit des mains, en battit,
i ye vissoko hvrăknalapuis prit un haut essor
i ye daleko otichlaet bien loin s’en alla
100ou pousti gori zelenidans les vertes forêts solitaires
do samodivski selichta,jusqu’au séjour des Nymphes,
na mominskiya kladenets ;à la source de la virginité ;
tam se Mariyka okăpa,là Mariyka se baigna,
mominstvo i se povărnasa virginité lui revint
105tche ou mamini si otide.et elle s’en retourna chez sa mère.
Notes et variantes
17 merveilleuse : « Il y a au texte appartenant aux Samodivas, mais avec l’idée de merveilleux, mot qui d’ailleurs a l’avantage d’épargner une répétition trop fréquente » (Dozon [1875], p. 153). || 49 une Nymphe n’enrichit pas une maison : « Littéralement ne rassemble pas du mobilier, c’est-à-dire ne sait pas tenir un ménage et faire prospérer une maison ; c’est aussi le sens du v. 96 » (Dozon [1875], p. 154). || 57 saint Jean fut leur témoin : « Littéralement les couronna, c’est le témoin au mariage qui place sur la tête des époux la couronne (venets) qu’ils portent pendant la cérémonie du mariage orthodoxe » (Dozon [1875], p. 154). || 59 nevolna : nevolka (Dozon [1875], № 4), nevolna (Guerov [1904], « samovila »). || 61 saint Jean en fut le parrain : « C’est ordinairement la même personne qui sert de témoin au mariage et de parrain aux enfants qui en naissent » (Dozon [1875], p. 155). || 97 rătse : ryatse (Dozon [1875], № 4), rătse (Guerov [1904], « samovila »).
Source
Dozon [1875], № 4.

Traduction inédite

Mise à jour le 14 août 2008

Libre de droits

commentaires@chansonsbulgares.org