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« Qu’est-ce que la poésie populaire ? Je la définirais, pour moi, celle des nations illettrées : poésie essentiellement orale, faite par tout le monde et pour tout le monde. […] Mais quand la poésie savante ou écrite naît, l’heure du déclin a sonné pour sa sœur aînée ; celle-ci ne s’accommode point de la culture, pas plus qu’une violette sauvage, transplantée dans un jardin, n’y prospère et ne s’acclimate. Sa destinée ordinaire est alors d’être vouée à l’abandon, à l’oubli ; la paysanne qui a pris des habits de ville, l’écolier devenu adolescent, ne jettent pas un œil plus dédaigneux sur les beaux atours d’autrefois ou sur les jouets de l’enfance, qu’un peuple, entrant dans l’âge viril, sur l’art trop simple, lui paraît-il maintenant, qui jadis faisait ses uniques délices. […] La versification bulgare, fondée sur le nombre des syllabes et sur l’accent, lequel reste le même que dans la langue parlée, comprend des vers dont les syllabes varient en nombre de quatre à quatorze. Mais les deux espèces qui prédominent de beaucoup sont le vers de huit syllabes et celui de dix, coupé de deux manières : après la quatrième syllabe, c’est le vers épique […] de notre Chanson de Roland, et après la cinquième, combinaison qu’on a rapportée à la strophe saphique » (Dozon [1875], pp. V ; XVIII-XIX).
« Un recueil important paraît encore avant la libération de la Bulgarie de la domination ottomane en 1878 : Chansons populaires bulgares inédites (Paris, 1875) d’Auguste Dozon, consul français à Plovdiv. Dans le recueil de Dozon, les chansons sont présentées dans leur version originale et en traduction française, ce qui facilite pour les étrangers la connaissance de la chanson populaire bulgare. L’importance de cet ouvrage augmente à la veille de l’insurrection d’avril 1876 (la plus grande insurrection bulgare menée contre les Turcs), au moment où l’attention de l’Europe est attirée par la Bulgarie » (Stoykova [2001], p. 202).
Traduction inédite Mise à jour le 11 mars 2008 | Libre de droits |