Chansons populaires bulgares
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Accueil } Karavelov, Chansons populaires } Guerdan marchait à travers la forêt…
GUERDAN prez gora vărveche,GUERDAN marchait à travers la forêt,
prez gora, prez lyoulekova,à travers la forêt parsemée de lilas,
hranena konya yazdecheil chevauchait un cheval étoffé
i na gorata doumache :et il parlait à la forêt :
5« Goro le, goro zelena,« Ô forêt, forêt verte,
vodo le bistra, stoudena,ô eau limpide et fraîche,
guizdava Mourgach planino !ô coquette montagne Mourgach !
Nechto chta da ta popitam,Je te demanderai quelque chose,
pravitchko da mi obadich :réponds-moi sans détours :
10chto mi si, goro, zavyalapourquoi, forêt, t’es-tu fanée
bez vreme, goro, ranitchkohors saison, forêt, tôt
predi den sveti Iliya ?avant le jour de la St-Élie ?
Dali ta slana popariLa gelée blanche t’a-t-elle brûlée
ili ta pojar izgori ? »ou un incendie t’a-t-il consumée ? »
15Gora e nyama syakoga,La forêt est toujours muette,
nikomou douma ne kazva,elle ne dit mot à personne,
ala Guerdanou prodouma :cependant elle parla à Guerdan :
« Guerdane, mlado younatche,« Guerdan, jeune brave,
ot Boga dobro vidyalo,ô toi que Dieu comble de biens,
20ako ma pitach, da kaja,puisque tu m’interroges, je te le dis,
pravitchko da ti obada :je te réponds sans détours :
nito ma slana ouslani,ni la gelée blanche ne m’a brûlée,
nito ma pojar izgori,ni un incendie ne m’a consumée,
ama mi techko ostanamais je me suis trouvée en peine
25ot tvoyte mladi ovtchereà cause de tes jeunes bergers
i ot tvoyat kehaya.et à cause de ton maître-berger.
Snochti e Petko preminalHier soir Petko est passé
s tvoïte vakli ovnoveavec tes béliers aux yeux noirs
prez samodivsko igrichte,par la clairière où dansent les nymphes,
30prez zelenata tentyavapar la clairière de gentiane verte
i si ovtsete pomamiet il a appâté ton bétail
do samodivsko kladentche.jusqu’à la source des nymphes.
Koga sednaha da yadat,Quand ils se sont assis pour manger,
samodivi sa izlezleles nymphes ont paru
35ta pa na Petka doumaha :et elles parlaient à Petko :
“Petko le, mlada kehayo,“Ô Petko, jeune maître-berger,
ya day ni, Petko, ya day nidonne-nous, Petko, donne-nous
na ovtcherite sărtsatales cœurs de tes bergers
i po dve kapki tcherna krăv !”et deux gouttes de ton sang noir !”
40Petko sa tiho moleche,Petko les suppliait à mi-voix,
kato moleche, doumache :comme il suppliait, il parlait :
Az imam libe ventchano“J’ai une épouse bien-aimée
i dve detchitsa blizneta,et deux petits enfants jumeaux,
i ovtchere sa jeneniet mes bergers sont mariés
45stava vetche devet godini !”depuis déjà neuf années !”
Togaz sa vihri vdignahaAlors des tempêtes se sont soulevées
i ti ovtchere grabnaha,et elles ont emporté tes bergers,
samitchek Petko ostana,Petko est resté tout seul,
ostana, ama zachto e ? —il est resté, mais pourquoi reste-t-il ? —
50glavata mou e byal kamăk,sa tête fut changée en pierre blanche,
a sărtseto moutcheren dăb ! »et son cœur — en chêne noir ! »
Notes et variantes
13 dali : da li (Karavelov [1886], № 51). || 29 la clairière où dansent les nymphes : « À la tombée de la nuit, les nymphes […] se rendent aux eaux […], se dévêtissent, lavent leurs robes blanches, les étendent à la lune pour sécher, et pendant ce temps elles se baignent et veillent à ce que personne ne vole leurs robes […]. Une fois baignées, elles se réunissent sur de vertes clairières, où elles chantent, jouent de la musique et dansent des rondes des nymphes » (Guerov [1904], « samovila »). || 32 jusqu’à la source des nymphes : « Les nymphes se mettent en grande colère quand quelqu’un dort sur leurs clairières de danse, sous leurs arbres ou sous leurs auvents où elles préparent leur souper ; quand quelqu’un pisse sous leurs auvents et souille leur souper […] ; quand quelqu’un renverse leurs récipients et répand leur eau, ou quand il abat un de leurs arbres préférés ; quand quelqu’un sort la nuit avant le chant du coq, et surtout quand il passe par un de leurs lieux de danse ou au bord de leurs eaux où elles se baignent. Un tel homme pâtit du mauvais œil des nymphes, il attrape quelque maladie, il perd la raison, il est frappé d’apoplexie et il meurt ou il reste boiteux » (Guerov [1904], « samovila »).
Source
Karavelov [1886], № 51.

Traduction inédite

Mise à jour le 7 août 2008

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