Chansons populaires bulgares
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ВИНО пият пидисет юнака,CINQUANTE preux boivent du vin,
вино пият в механе широко,ils boivent du vin dans une vaste taverne,
вино пият, вярна клетва дават.ils boivent du vin, ils prêtent fidèle serment.
Кой са закле във жена и дечица,L’un jura sur sa femme et sur ses petits enfants,
5кой са закле във първо си либе,l’autre jura sur sa première bien-aimée,
ала Марко няма що да кълне,mais Marko n’a rien sur quoi jurer,
че са закле във кон и във сабя,et il jura sur son cheval et sur son sabre,
а дружина вяра му не хваща,mais sa compagnie ne lui ajoute pas foi,
че кон било кучашка нахрана,car le cheval, disent-ils, est une pâture de chien,
10сабя било студено желязо.le sabre, disent-ils, est un fer froid.
Натъжи се Марко, бре, гидия,Hé ! le gaillard Marko s’attrista,
че отиди при стара си майкаet il alla chez sa vieille mère
и на майка Марко тихом дума :et à sa mère Marko parla doucement :
« Ой та мале, ой та стара мале !« Ô toi, ma mère, ô toi, ma vieille mère !
15Що ни са ме, мале, породилоPourquoi, ma mère, ne m’as-tu pas engendré
я със братец, я с мила сестрица ?soit avec un petit frère, soit avec une chère petite sœur ?
Събрахми са вярната дружина,Notre compagnie fidèle s’est réunie,
кой са закле във първо си либе,l’un a juré sur sa première bien-aimée,
ази нямам, майко, що да кълна,moi, je n’ai rien, ma mère, sur quoi jurer,
20че са заклех във кон и във сабя,et j’ai juré sur mon cheval et sur mon sabre,
а дружина вяра ми не хваща,mais ma compagnie ne m’ajoute pas foi,
чи кон било кучашка нахрана. »car le cheval, disent-ils, est une pâture de chien. »
Notes et variantes
6 Marko : « ici il faut souligner que les chansons sur le Prince Marko et sur les autres preux — princes et seigneurs féodaux d’autrefois — surgissent, se chantent et se répandent à l’époque de l’esclavage turc, alors que les coups du tyran et exploiteur étranger s’abattent sur les masses populaires, et rendent misérable la vie du peuple. […] Subissant l’oppression étrangère et luttant pour l’amélioration de son sort, le peuple est enclin à idéaliser tout ce qui est bulgare, l’État bulgare d’autrefois, et jusqu’aux seigneurs féodaux bulgares d’autrefois. […] La figure de Marko absorbe quantité de traits des héros des chansons épiques avant le XIVe siècle, elle éclipse les figures de ses contemporains, elle s’impose à la mémoire populaire pour des siècles entiers. Les grands bouleversements dans la vie des peuples balkaniques dans la deuxième moitié du XIVe siècle aiguisent la conscience historique des masses populaires, ils posent de façon catégorique la question de la lutte contre le joug étranger, ils soulèvent la nécessité d’un appui dans le souvenir de la gloire et du courage d’autrefois, d’une incarnation des aspirations patriotiques dans les portraits héroïques du passé » (Динеков [1972], pp. 420 ; 454).
Source
Балкантон [2000a], pis. 17.

Traduction inédite

Mise à jour le 14 août 2008

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