Chansons populaires bulgares
Bălgarski narodni pesni
Alphabet cyrilliqueAlphabet latin
Accueil } Mihaylova, Chansons populaires de la région de Pernik } Marko grandit, grandit, et devint grand…
RASNA Marko le, rasna, ta porasna,MARKO grandit, grandit, et devint grand,
ta dostigna le do sedăm godini,et il atteignit l’âge de sept ans,
pa potegli sredi letna jegaet il partit au milieu de la chaleur estivale
da otide do ezero sinyo,pour aller jusqu’au lac bleu
5da se Marko le malkou porazcheta.pour se promener un peu.
Koga Marko le do ezero stigna,Quand Marko parvint au lac,
chto da vidi Marko, chto da tchouyeque vit Marko, qu’entendit-il —
piska, platche devoytchentse malko.une petite fillette qui piaulait, qui pleurait.
Ot platchi e le kleto possinelo,À force de pleurs la pauvre était devenue bleue,
10tche go jechko slăntse izgorilo,et le soleil ardent l’avait brûlée,
pa na Marko vărlo dojalelo,et Marko éprouva une grande pitié,
ta natchoupi klontcheta zeleni,et il cassa des branches vertes,
pa napravil senka na detentseet il fit de l’ombre pour l’enfançon
i pa kat mayka le sladko mou zapeva :et puis comme une mère il lui chante gentiment :
15« Nani, nankay, mila gorska rojbo,« Dodo, fais dodo, ma chère enfant des forêts,
nani, nankay, milo, da porasnech,dodo, fais dodo, ma chère, pour que tu grandisses,
pa ya tebe le za sestra chte imam… »et moi, je t’aurai pour sœur… »
Ala Marko pessen ne dopeyal,Mais Marko n’avait achevé la chanson,
ey tche ide gorska Samodiva,voilà qu’arrive une Nymphe des forêts,
20pa na Marko le potihom govori :et elle parle doucement à Marko :
« Iskach neya za sestra da imach,« Tu veux l’avoir pour sœur,
iskach, Marko le, ala touy ne biva,tu veux, Marko, mais cela n’est pas permis,
dor ne soutchech mleko samodivsko. »tant que tu n’as pas tété le lait d’une Nymphe. »
Obărna se le mladi Krali Marko,Le jeune Prince Marko se retourna,
25ta zassoukal mleko samodivsko,et il se mit à téter le lait de la Nymphe,
merizlivo le kato gorsko tsvete.odorant comme une fleur des forêts.
« A sega se le, Marko, poopitay,« Et maintenant, Marko, essaye-toi un peu,
tche li mojech, Marko, da podignech,pour voir si tu pourras, Marko, soulever,
da podignech kamăk skaloviti,soulever cette pierre rocheuse,
30da podignech i da go podhvărlich. »la soulever et la jeter en l’air. »
Zassili se le Marko KralyevitcheLe petit Prince Marko fit un effort
da podigne kamăk skaloviti,pour soulever la pierre rocheuse,
Marko diga le, kamăk ne se mărda,Marko la lève, la pierre ne se remue pas,
pay govori mlada Samodiva :et la jeune Nymphe parle :
35« Ya possoukay le, Marko, ochte malko,« Tète donc, Marko, encore un peu,
bilkim sila le povetche sdobiech. »peut-être tu obtiendras plus de force. »
Obărna se le mladi Krali Marko,Le jeune Prince Marko se retourna,
ta zassouka ot levo i desno,et il se mit à téter du sein gauche et droit,
pa podigna le kamăk skaloviti,et il souleva la pierre rocheuse,
40ta go hvărlil nad Pirin planina.et il la jeta par-dessus la montagne Pirin.
Notes et variantes
1 Marko : « ici il faut souligner que les chansons sur le Prince Marko et sur les autres preux — princes et seigneurs féodaux d’autrefois — surgissent, se chantent et se répandent à l’époque de l’esclavage turc, alors que les coups du tyran et exploiteur étranger s’abattent sur les masses populaires, et rendent misérable la vie du peuple. […] Subissant l’oppression étrangère et luttant pour l’amélioration de son sort, le peuple est enclin à idéaliser tout ce qui est bulgare, l’État bulgare d’autrefois, et jusqu’aux seigneurs féodaux bulgares d’autrefois. […] La figure de Marko absorbe quantité de traits des héros des chansons épiques avant le XIVe siècle, elle éclipse les figures de ses contemporains, elle s’impose à la mémoire populaire pour des siècles entiers. Les grands bouleversements dans la vie des peuples balkaniques dans la deuxième moitié du XIVe siècle aiguisent la conscience historique des masses populaires, ils posent de façon catégorique la question de la lutte contre le joug étranger, ils soulèvent la nécessité d’un appui dans le souvenir de la gloire et du courage d’autrefois, d’une incarnation des aspirations patriotiques dans les portraits héroïques du passé » (Dinekov [1972], pp. 420 ; 454). || 34 govori : goviri (Mihaylova [1999], № 64).
Source
Mihaylova [1999], № 64.

Traduction inédite

Mise à jour le 7 janvier 2008

Libre de droits

commentaires@chansonsbulgares.org