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« Il y a six ans que nous avons entrepris de recueillir des chansons de tous les coins de la Bulgarie de l’Ouest, c’est-à-dire de la Macédoine, par exemple d’Ohrid, de Strouga, de Prilep, de Veles, de Kostour, de Koukouch, de Stroumitsa et d’autres endroits » (Миладинови [1961], p. 20).
« Toutes les chansons, sauf quelques unes peu nombreuses, portent le sceau de l’œuvre populaire simple, claire et forte, qui nous touche si vivement le cœur. Notre peuple avec la plus grande simplicité a développé en soi-même le don littéraire divin ; rapproché de la nature par son travail de la terre, il vit dans de constantes relations avec elle, pour ainsi dire, il converse avec elle, il s’anime par elle, et il y puise ces riches dits, qui nous frappent si fortement par leur beauté et par leur expressivité. […] Les chansons populaires sont la montre du développement littéraire du peuple, et un miroir de sa vie. Le peuple déverse ses sentiments dans les chansons, dans elles sa vie et ses anciens exploits s’éternisent, dans elles il trouve une nourriture spirituelle et un divertissement ; c’est pourquoi dans la tristesse et dans la joie, au mariage et à la ronde, à la moisson et à la vendange, à la broderie et au filage, par les champs et par les forêts, il déverse généreusement ses chansons, comme d’une riche source ; c’est pourquoi on peut dire que le peuple est un éternel et grand chanteur » (Миладиновци [1861], p. VII).
« Le plus important recueil folklorique est celui de deux patriotes participant à la lutte pour une Église bulgare indépendante et des écoles bulgares, les frères Dimităr (1810-1861) et Konstantin (1830-1861) Miladinov, Bălgarski narodni pesni (« Chansons populaires bulgares »), édité en 1861 à Zagreb avec le soutien moral et financier du grand activiste culturel croate J. J. Strossmayer, auquel il est dédié. Six cent soixante chants y sont publiés, ainsi que d’autres matériels folkloriques : le folklore pour enfants, de brèves descriptions de coutumes de mariage et de fêtes du calendrier, des croyances, des légendes, des proverbes, des devinettes, etc. Pour la première fois, l’œuvre poétique populaire bulgare est présentée dans sa variété de genres et de sujets, avec des versions bien transcrites. La publication est chaleureusement accueillie et appréciée en Bulgarie et à l’étranger. L. Karavelov, Hr. Botev et d’autres grands hommes de la renaissance bulgare en parlent avec émotion ; même plus tard, le livre continue de susciter de l’admiration et d’être utilisé par plusieurs chercheurs et écrivains bulgares. Ses créateurs ne survivent malheureusement pas jusqu’à sa parution ; ils meurent la même année dans la prison de Thessalonique » (Stoykova [2001], p. 201).
Traduction inédite Mise à jour le 11 mars 2008 | Libre de droits |