Chansons populaires bulgares
Bălgarski narodni pesni
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Accueil } Frères Miladinov, Chansons populaires bulgares } Yovan Popov et la Nymphe
KINISSAL mi Yo’an Popov,YOAN Popov se mit en route
da mi o’it na Veligden,pour aller au jour de Pâques,
na Veligden na oranye,au jour de Pâques, au labour,
i mi poyde do polpăti,et il se rendit à mi-chemin,
5i izleze Samovila,et une Nymphe surgit,
Samovila samogorska,une Nymphe des forêts,
pătichtata mou predstreti :elle lui barra les chemins :
« Vrat’ se, vrati, Yo’an Popov,« Retourne-t’en, retourne, ô Yoan Popov,
ne oday mi na Veligden,ne va pas au jour de Pâques,
10na Veligden na oranye ! »au jour de Pâques, au labour ! »
Yo’an lepo govoreche :Yoan parlait bellement :
« Begay, begay, Samovilo !« Va-t’en, va-t’en, ô Nymphe !
Da n’ ti slezam ot moyava,Que je ne descende pas de mon,
ot moyava bărza konya,de mon cheval rapide,
15da n’ te fatam za tvoyata,que je ne t’empoigne pas par tes,
za tvoyata roussa kossa,par tes cheveux blonds,
da n’ te vărzam bărzou konyou,que je ne t’attache pas au cheval rapide,
bărzou konyou za opachka,au cheval rapide, à la queue,
da n’ te vletcham kako brana. »que je ne te traîne pas comme une herse. »
20Se razlyouti Samovila,La Nymphe se courrouça,
ta otpouchti roussa kossa,et elle défit ses cheveux blonds,
mou sopnala bărza konya,elle entrava son cheval rapide,
da mou piet tsărni otchi.pour boire ses yeux noirs.
Se nalyouti Yo’an Popov,Yoan Popov se courrouça,
25ta ye fati Samovila,et il empoigna la Nymphe,
ta ye fati za neydzina,et il l’empoigna par ses,
za neydzina roussa kossa,par ses cheveux blonds,
ta ye vărza bărzou konyou,et il l’attacha au cheval rapide,
bărzou konyou za opachka,au cheval rapide, à la queue,
30ye povletche kato brana.il l’entraîna comme une herse.
Si ya nossi douri doma ;Il la porta jusqu’à la maison ;
otdalekou mayke vikat :de loin il cria à sa mère :
« Ya izlezi, mila mayko !« Sors donc, ma chère mère !
ot’ ti nossam ne’estitsa,car je t’apporte une jeune épouse,
35ne’estitsa samovilska,une jeune épouse, une Nymphe,
tebe, mayko, otmenitsa,pour toi, ma mère, une relève,
tatkoye bela promenitsa,pour mon père, un costume blanc,
bratou pertche istchechlano,pour mon frère, une houppe peignée,
sestre lessa oupletena. »pour ma sœur, des nattes tressées. »
40Ye zaklyoutchi desno krilo,Il mit sous clef son aile droite,
desno krilo v charen kovtcheg.son aile droite dans un coffre bigarré.
I sedela tri godini,Et elle resta trois années,
postignala măchko deteelle mit au monde un enfant mâle
i kanila tchesna kouma ;et elle invita un parrain d’honneur ;
45ye kărstile măchko dete.ils baptisèrent son enfant mâle.
I mi dochla koumachina,Et le parrain arriva,
koumachina govoreche :le parrain parlait :
« A ne’esto Samovilo !« Ô jeune épouse, ô Nymphe !
Malou ’oro da poïgrach,Danse un peu une ronde,
50malou ’oro samovilsko ! »un peu une ronde des Nymphes ! »
Samovila govoreche :La Nymphe parlait :
« Ay vi vie, tchesni koumi !« Ô vous, parrain d’honneur !
Nek’ mi pouchtit Yo’an Popov,Que Yoan Popov me rende,
nek’ mi pouchtit desno krilo,qu’il me rende l’aile droite,
55taka ’oro da poïgra.alors je danserai la ronde.
A nevesto Samovilo !— Ô jeune épouse, ô Nymphe !
Vera nemach, ke pobegnich. »Tu es sans foi, tu t’enfuiras. »
Samovila govoreche :La Nymphe parlait :
« A eguidi, Yo’an Popov !« Ah çà, Yoan Popov !
60Ako te straf da n’ pobegna,Si tu crains que je ne m’enfuie,
zatvorite mali vrati,fermez les petites portes,
mali vrati i golemi,les petites et grandes portes,
taka ’oro da poïgra. »alors je danserai la ronde. »
Zatvorile mali vrati,Ils fermèrent les petites portes,
65mali vrati i golemi,les petites et grandes portes,
ye otklyoutchi desno krilo.il ouvrit à clef son aile droite.
Kolkou ’oro zaïgrala,À peine se mit-elle à danser la ronde,
izletala niz badjata,elle s’envola par la cheminée,
svekărva ye privikala :sa belle-mère la rappela :
70« A ne’esto Samovilo !« Ô jeune épouse, ô Nymphe !
Dete platchit za lelyanye,L’enfant pleure pour un bercement,
za lelyanye, za tsitsanye. »pour un bercement, pour un allaitement. »
Samovila govoreche :La Nymphe parlait :
« Koga ke mi dete platchit,« Lorsque mon enfant pleurera,
75dete platchit za tsitsanye,l’enfant pleurera pour un allaitement,
da go kla’ich pod stre’ite,pose-le sous les auvents,
ke zarossam sitna rossa,je répandrai une fine rosée,
ke nadoyam măchko dete.j’allaiterai l’enfant mâle.
Koga ke mi dete platchit,Lorsque mon enfant pleurera,
80dete platchit za lelyanye,l’enfant pleurera pour un bercement,
da go kla’ich na krevetot,pose-le sur le lit,
ke pove’am ti’ok vetar,je lèverai un vent doux,
ke zalelyam măchko dete. »je bercerai mon enfant mâle. »
Se izmami svekărva ye ;Sa belle-mère se leurra ;
85koga dete zaplatchilo,lorsque l’enfant se mit à pleurer,
zaplatchilo za lelyanye,se mit à pleurer pour un bercement,
si go klade na krevetot,elle le posa sur le lit ;
ne povea ti’ok vetar,ce ne fut pas un vent doux qui se leva,
touk’ se vpouchti Samovila,mais ce fut la Nymphe qui se précipita,
90si go zede măchko dete.elle reprit son enfant mâle.
I se pofali Yo’anou :Et elle se vanta à Yoan :
« A eguidi, Yo’an Popov !« Ah çà, Yoan Popov !
Chto ti se tebe tchineche,Pourquoi t’imaginais-tu
ot’ ke dărjich Samovila,que tu retiendras une Nymphe,
95Samovila za lyoubenye ! »une Nymphe pour le commerce amoureux ! »
Notes et variantes
9 ne va pas au jour de Pâques : « Les Samovilas châtient ceux qui travaillent les jours de fête » (Dozon [1875], p. 339). || 32 otdalekou : ot dalekou (Miladinovtsi [1861], № 1), ot dalekou (Miladinovi [1961], № 1). || 37 tatkoye : tatko ye (Miladinovi [1961], № 1), tatkoye (Miladinovtsi [1861], № 1). || 40 mit sous clef son aile : « Il arrive parfois qu’un jeune homme épie les nymphes, pendant qu’elles se baignent, et qu’il prenne à une d’elles sa robe blanche ; elle apparaît alors devant lui sous les traits d’une belle jeune fille et le supplie de lui rendre l’habit. S’il ne lui rend pas la robe, elle le suit et devient sa femme. Une telle nymphe ne laisse jamais de regretter sa vie de nymphe, et guette l’occasion de reprendre son habit et de courir rejoindre ses compagnes » (Guerov [1904], « samovila »). || 50 une ronde des nymphes : « À la tombée de la nuit, les nymphes […] se rendent aux eaux […], se dévêtissent, lavent leurs robes blanches, les étendent à la lune pour sécher, et pendant ce temps elles se baignent et veillent à ce que personne ne vole leurs robes […]. Une fois baignées, elles se réunissent sur de vertes clairières, où elles chantent, jouent de la musique et dansent des rondes des nymphes » (Guerov [1904], « samovila »).
Source
Miladinovi [1961], № 1.

Traduction inédite

Mise à jour le 1er août 2008

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