Chansons populaires bulgares
Bălgarski narodni pesni
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POPADNALE do tri temni măgli,TROIS sombres brouillards tombèrent,
popadnale vo Stambola grada,tombèrent sur la cité de Stambol,
mi stoyale tokmou tri godini ;ils y restèrent précisément trois années ;
nito săntse mi ye ougrealo,ni le soleil ne se leva,
5nito vetar mi ye povealo,ni le vent ne souffla,
nito rossa mi ye zarossilo ;ni la rosée ne rosoya ;
se storilo golema skăpia.il y eut une grande cherté.
Nikako mi jena ne postigna,Aucune femme n’enfanta,
nikako se ovtsa ne obyagni,aucune brebis n’agnela,
10ta ni nivye tche’intsa rodi’e ;ni les champs ne donnèrent du blé ;
mi se stori golema gladia.il y eut une grande famine.
Stari lyouguye pepel mi maka’eLes vieux assaisonnaient de cendre,
i mladite treva mi passe’e,les jeunes paissaient de l’herbe,
loudi detsa pessok mi zobe’e !les fols enfants picotaient du sable !
15Se zatchoudi tsara Kostadina,L’empereur Constantin se creusa la tête,
chto ke boudit za tchoudo golemo !dans quelle grande difficulté il était !
Malou mou ye tsarou priteknalo ;Une idée vint à l’esprit de l’empereur ;
chto mou velit kralyou Mourat-begou :que dit-il au roi Mourat-bey :
« A eguidi, kralyou Mourat-begou !« Ah çà, roi Mourat-bey !
20Da mi poydich kray reka Sitnitsa,Va au bord du fleuve Sitnitsa,
tamo imat Tchifoutka vdo’itsa,il y a là une Juive veuve,
taya imat edno măchko dete.celle-ci a un enfant mâle.
Ay ti tebe, Tchifoutke vdo’itse !— Ô toi, Juive veuve !
Da mi kajich deka mi se kărsti,Dis-moi où sont les croix,
25deka mi se kărsti ristosso’i.où sont les croix du Christ.
Ak’ ne kajich, Tchifoutke vdo’itse,Si tu ne le dis pas, Juive veuve,
ke ti zemam tvoe măchko dete,je ravirai ton enfant mâle,
ke go petcha meguyou dva ogne’i. »je le cuirai entre deux feux. »
Se otgo’ri Tchifoutka vdo’itsa :La Juive veuve répondit :
30« Tak’ mi Boga, kralyou Mourat-bego,« De par Dieu, roi Mourat-bey,
soum glavena izmekyarka ovdej’ai été engagée comme servante ici
da go vadam golemo bounichte.pour travailler sur ce grand dépotoir.
Nochte rastat treva smărdelika,La nuit, du baguenaudier y pousse,
nochte rastit, na outro ye kinam ;la nuit il pousse, le jour je l’arrache,
35denye nochte ovdeka si sedam. »jour et nuit je reste assise ici. »
Mou kaza’e tsarou Kostadinou ;On en fit le récit à l’empereur Constantin ;
tsarot pouchti do trista momtchina.l’empereur envoya trois cents jeunes hommes.
Chto da videt za tchoudo golemo !Quelle grande merveille ils virent !
Ne mi bilo treva smărdelika,Ce n’était pas du baguenaudier,
40toukou bilo bossilyok ristossov !mais c’était du basilic du Christ !
I stanale do trista momtchina,Et les trois cents jeunes hommes se levèrent,
otvorile golemo bounichte,ils ouvrirent le grand dépotoir,
chto mi beche mochne maletchko’o,qui était d’énormes dimensions,
trista săjni beche vo globina,il avait trois cents sagènes de profondeur,
45sto y pedesset beche vo chirina.il en avait cent cinquante de largeur.
’I naydo’e kărsti ristosso’i.Ils trouvèrent les croix du Christ.
Kolkou be’a kărsti maletchka’i,Combien les croix étaient énormes,
tsarski porti ne ’i sozema’e,les portes impériales ne les contenaient pas,
prek’ bedeni kărsti prefarli’e ;on les fit passer par-dessus les remparts ;
50’i klado’e vo tsarskoto azno.on les déposa dans la trésorerie impériale.
Toga săntse mi ye ougrealo,Alors le soleil se leva,
toga vetar mi ye povealo,alors le vent souffla,
sitna rossa mi ye zarossilo,la fine rosée rosoya ;
măchki detsa jeni postignale,les femmes accouchèrent d’enfants mâles,
55roudi ovtsi mi se obyagnileles douces brebis agnelèrent,
i se stori golema eftinya,et il y eut un très bon marché,
i nivyeto tcheïntsa rodi’e,et les champs donnèrent du blé,
’se beriket mi se ispolnilo.tout déborda de prospérité.
Koï tchoulo, sve vesselo bilo.Chacun qui l’entendit, s’en réjouit.
Notes et variantes
15 l’empereur Constantin : « Après la passion du Christ, le bois précieux de la croix resta caché sous terre pendant plus de deux cents ans ; il fut enfin retrouvé par Hélène, mère de l’empereur Constantin, […] Celle-ci leur demanda [aux Juifs] en quel lieu Jésus avait été crucifié, tous refusèrent de la renseigner : si bien qu’elle ordonna, qu’ils fussent jetés au feu. Alors les Juifs, épouvantés, lui désignèrent Judas, […] à qui elle dit : “Choisis entre la vie et la mort ! Si tu veux vivre, […] dis-moi où je pourrai découvrir la croix du Christ !” […] Sur quoi elle fit jeter Judas dans un puits à sec, et défendit qu’on lui donnât aucune nourriture. […] Le septième jour, Judas, épuisé par la faim, demanda à sortir du puits, promettant de révéler où était la croix. Et comme il arrivait à l’endroit où elle était cachée, il sentit dans l’air un merveilleux parfum d’aromates […] Judas commença lui-même à fouiller le sol et découvrit, à vingt pas sous terre, trois croix qu’il fit aussitôt porter à la reine. Restait seulement à reconnaître celle de ces croix où avait été attaché le Christ. […] Judas, voyant passer le cadavre d’un jeune homme qu’on allait enterrer, arrêta le cortège, et mit sur le cadavre l’une des croix, puis une autre. Le cadavre restait toujours immobile. Alors Judas mit sur lui la troisième croix ; et aussitôt le mort revint à la vie » (Voragine [1910], pp. 261-264). || 19 A eguidi kralyou Mourat-begou : [manquant] (Miladinovi [1961], № 37), A eguidi kralyou Mourat-begou (Miladinovtsi [1861], № 37). || 55 mi : mi’ (Miladinovtsi [1861], № 37), mi’ (Miladinovi [1961], № 37).
Source
Miladinovi [1961], № 37.

Traduction inédite

Mise à jour le 1er août 2008

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