Chansons populaires bulgares
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Accueil } Stoïn, Chants populaires du Timok à la Vita (Bulgarie du Nord-Ouest) } Gueorgui le laid
TCHOUVALA maykya, gledalaUNE mère gardait, élevait
dor devet sina leventi,jusqu’à neuf fils gaillards,
desseti Guyorgui grozniya.le dixième — Gueorgui le laid.
Makya na Guyorgui doumache :La mère parlait à Gueorgui :
5« Mahni se, Guyorgui, ottouka,« Va-t’en d’ici, Gueorgui,
da mi ne grozich sinove,que tu n’enlaidisses pas mes fils,
i devet mili snachitsi,et mes neuf chères belles-filles,
i devet mili vnoutcheta. »et mes neuf chers neveux. »
Guyorgui na mayka doumache :Gueorgui parlait à sa mère :
10« Kăde da ida, male ma,« Où irai-je, ma mère,
kato săm malăk, ochte slap ? »puisque je suis petit, encore maigre ? »
Mayka mou douma, govori :Sa mère lui parlait, lui disait :
« Mahni se, Guyorgui, otidi« Va-t’en, Gueorgui, va
văf pousti gori zeleni,dans les bois déserts et verts,
15zverove da te raskinat. »que les bêtes te déchirent. »
Guyorgui na mayka govori :Gueorgui parla à sa mère :
« Kăde da ida, male ma,« Où irai-je, ma mère,
kato săm malăk, slabitchăk,puisque je suis petit et maigrelet,
pătichta kato ne znaya ? »puisque je ne sais pas les chemins ? »
20Mayka na Guyorgui doumache :La mère parlait à Gueorgui :
« Mahni se, Guyorgui, mahni se,« Va-t’en, Gueorgui, va-t’en,
iz dvori da te ne gledam. »que je ne te voie pas dans ma cour. »
Guyorgui na mayka doumache :Gueorgui parlait à sa mère :
« Zberi mi, mamo, drechkite« Rassemble mes petits habits, maman,
25daletche, mamo, da ida. »que je m’en aille au loin, maman. »
Mayka mou drechki săbrala,La mère rassembla ses petits habits,
Guyorgui drechkite pribra ;Gueorgui ramassa les petits habits ;
kato na porti izlezequand il sortit devant les portes,
i se nazadi obărnail se tourna en arrière
30i na mayka si govori :et il parla à sa mère :
« Ottouk si, mamo, izlazyam,« Je sors d’ici, maman,
tchoumata dano touk vlene,puisse la peste entrer ici,
devet ti sina da izmoriqu’elle décime tes neuf fils
i devet mili snachitsi,et tes neuf chères belles-filles,
35da ostanat devet vnoutcheta,que restent tes neuf neveux,
ta devet lyoulki de lyoulyach,que tu berces leurs neuf berceaux,
i za men, mamo, chte pitach :et que tu t’enquières de moi :
Deka e Guyorgui grozniya ?” »“Où est Gueorgui le laid ?” »
Guyorgui si daletch zabegna,Gueorgui s’enfuit au loin,
40daletch văv Vlachko otide.il alla au loin, en Valachie.
Slougouval Guyorgui, petchelilGueorgui servit, il gagna
do trista vakli oftchitsitrois cents brebis aux yeux noirs
i trista mi săgmalitsi.et trois cents brebis laitières.
Nali si Guyorgui pomisliGueorgui songea, n’est-ce pas,
45nazadi da se povărne.à revenir en arrière.
Trăgnal e Guyorgui nazadiGueorgui partit en arrière
săs tezi trista oftchitsiavec ces trois cents brebis
i trista mi săgmalitsi.et trois cents brebis laitières.
Vărvel Guyorgui chto vărvel,Gueorgui marcha ce qu’il marcha,
50do tehno selo golemo.jusqu’à leur grand village.
Nakray seloto se zaprel.Il s’arrêta au bout du village.
Pokray tchechmata stoechePrès de la fontaine se tenait
babitchka s tchember na glava.une vieille avec une écharpe sur la tête.
Guyorgui pri baba otideGueorgui alla devers la grand-mère
55i na babata govori :et il parla à la grand-mère :
« Dali chte, babo, namera« Est-ce que je trouverai, grand-mère,
boudjak za trista oftchitsiun bercail pour mes trois cents brebis
i trista mi săgmalitsi ? »et mes trois cents brebis laitières ? »
Babitchka douma, govori :La vieille parla, dit :
60« Imam si dvori chiroki,« J’ai une large cour,
boudjatsi yaki, vissoki. »des bercails solides et hauts. »
Potkara Guyorgui, potkaraGueorgui fit avancer, fit avancer
tristata vakli oftchitsiles trois cents brebis aux yeux noirs
i trista mi săgmalitsi,et les trois cents brebis laitières,
65oukara gui Guyorgui, oukara.Gueorgui les fit entrer, les fit entrer.
Baba si sălzi poroniLa grand-mère versa des larmes
i na Guyorgui si doumache :et elle parla à Gueorgui :
« Oftchartche, mlado tărgoftche,« Ô bergeron, ô jeune marchand,
devet săm sina imala,j’avais neuf fils,
70desseti Guyorgui groznika ;le dixième — Gueorgui le laideron ;
kato si Guyorgui propădih,quand j’ai chassé Gueorgui,
tcherna e tchouma ouleznala,la peste noire est entrée,
ta devet mi sina izmoriet elle a décimé mes neuf fils
i devet mili snachitsi,et mes neuf chères belles-filles,
75i devet mili vnoutcheta,et mes neuf chers neveux,
ta săm si kaïl stanalaet je suis devenue d’accord
i za Guyorgui groznika. »même pour Gueorgui le laideron. »
Togas se Guyorgui obadi :Alors Gueorgui s’écria :
« Mayno le, stara maytchitse,« Ma mère, ma vieille maman,
80znaech li, mamo, pomnich li,te souviens-tu, maman, te rappelles-tu,
koga me malăk propădi,quand petit j’ai été chassé par toi,
ta hodih, male, ta skitah,et j’ai marché, maman, et j’ai erré,
spetchelih trista oftchitsij’ai gagné trois cents brebis
i trista mi săgmalitsi. »et trois cents brebis laitières. »
85Mayka na Guyorgui prodouma :La mère se mit à parler à Gueorgui :
« Prochtavay, sinko, prochtavay,« Pardonne-moi, fillot, pardonne-moi,
tche tebe mrazih, propădih,de t’avoir haï, de t’avoir chassé,
da hodich, sinko, da skitachde t’avoir fait marcher, fillot, fait errer
po tchoujda zemya bogdanska. »par la terre étrangère moldave. »
Notes et variantes
5 ottouka : ot touka (Stoïn [1928], № 1474). || 31 ottouk : ot touk (Stoïn [1928], № 1474). || 51 nakray : na kray (Stoïn [1928], № 1474).
Source
Stoïn [1928], № 1474.

Traduction inédite

Mise à jour le 13 août 2007

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