Chansons populaires bulgares
Български народни песни
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Accueil } Stoïn, Chansons populaires des confins de l’Ouest } La mère de Damyan dans la plaine des Merles
ГАРВАН гаче Дамяну на двори.UN Corbeau croasse dans la cour de Damyan.
Ка излезе макя Дамянова :Quand la mère de Damyan sortit :
« Иша, иша, пиле гарванито,« Hou, hou, oiseau Corbeau, dit-elle,
не ми гачи мене на дворове,ne croasse pas ainsi dans ma cour,
5я си имам девет мили сина,moi, j’ai neuf chers fils,
свите девет на бой запратилаtous les neuf je les ai envoyés loin au combat,
запратила на Косово полье.envoyés loin au combat dans la plaine des Merles.
Я не гачем, нел ти право кажем,— Je ne croasse pas, mais je te dis franchement,
сношка съм им сърце вечерало,hier soir j’ai soupé de leurs cœurs,
10заран съм им очи исклюцало. »ce matin j’ai picoré leurs yeux. »
Тръпка била макя Дамянова,La mère de Damyan se sentit frissonnante,
тръпка била, сълзу не пущилаelle se sentit frissonnante, elle ne versa pas de larmes
и отишла на Косово полье.et elle se rendit dans la plaine des Merles.
Ка отишла, — сви девет паднали,Quand elle s’y rendit, — tous les neuf étaient tombés,
15у мъртве руке златни узде държа.dans leurs mains mortes ils tenaient des brides d’or.
Ископала до девет гробнице,Elle leur creusa neuf tombeaux,
ископала и ги закопала,elle creusa et les enterra,
и ванула до деветте коня,et elle prit les neuf chevaux,
ванула ги, дома ги довела.elle les prit, elle les emmena à la maison.
20Излезле су девет миле снае,Ses neuf chères belles-filles sortirent,
свете държу по мужка дечица,chacune d’elles tenait un enfant mâle,
Дамянова — клето девояче.la femme de Damyan tenait une pauvre fillette.
« Мълчи, мълчи, либе Дамяново,« Tais-toi, ne pleure pas, bien-aimée de Damyan,
кико делък на мушка дечица,la part que je donnerai aux enfants mâles,
25така делък и на девояче. »la même part je donnerai aussi à ta fillette. »
Notes et variantes
1 un corbeau croasse : « Le corbeau est un oiseau démoniaque et de mauvaise augure. […] Sa couleur noire et son cri perçant s’accordent avec les représentations de l’au-delà, du monde des morts. On croit qu’il y aura décès dans la maison au-dessus de laquelle croasse un corbeau. Quand une multitude de corbeaux tournoient au-dessus d’un village ou d’un terroir, les habitants s’attendent à une épidémie, une famine ou une guerre. Dans le folklore des chansons, il est souvent question du héros blessé dans la forêt, dont les yeux furent becquetés par un corbeau » (Стойнев [2006], art. « гарван »).
Source
Стоин [1959], № 406.

Traduction inédite

Mise à jour le 20 janvier 2008

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