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« Je me rappelle mon enfance dès l’âge de 4-5 ans. Nous vivions dans une petite maison rurale. Nous étions cinq enfants. Nous dormions tous dans une même chambre. Maman nous étendait un matelas sur la natte et nous dormions tous sous une même couverture. Maman se levait tôt le matin pour filer ou tricoter et elle entonnait à part elle des chansons l’une après l’autre — elle filait et elle chantait. Tous dormaient, j’étais la seule à se réveiller et à écouter. Quand elle entonnait la chanson sur l’esclavage turc, comment le seigneur Iliytcho avait vendu son épouse aux Turcs, et comment elle avait quitté ses deux enfants, j’écoutais en retenant mon souffle et je pleurais ; je me blottissais sous la couverture pour ne pas que maman se rendît compte que je pleurais, pour qu’elle continuât à chanter, car je voulais entendre la chanson jusqu’à la fin. Je pensais à part moi : Si papa vend maman aux Turcs, qui nous élèvera ? » (Stoytcheva dans Киров [2006], p. 13).
« Les chansons de Mita Stoytcheva sont des œuvres poétiques bouleversantes. Elles émeuvent par leur beauté, par leur pittoresque […]. Un je-ne-sais-quoi de calme, de profondément humain, de sage et en même temps d’agréablement triste te saisit lorsque tu les écoutes. […] Ces chansons, parvenues jusqu’à nous depuis les profondeurs des siècles, ont conservé leur fraîcheur et leur beauté » (Vassilev dans Стойчева [1953], pp. 10 ; 16).
Traduction inédite Mise à jour le 11 mars 2008 | Libre de droits |