Chansons populaires bulgares
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SNOCHTI sa Tourtsi doydeli,HIER soir des Turcs sont arrivés,
tri Tourtsi, trima zagărtsi,trois Turcs, trois grécisés,
v golyamo selo Ryahovo,dans le grand village de Ryahovo,
Ryahovo i pod Ryahovo,Ryahovo et aux abords de Ryahovo,
5te za Iliytcha pitali,ils demandèrent où était Iliytcho,
Iliytcha, selski tchorbadji,Iliytcho, le notable du village,
pitali i sa naydeli ;ils demandèrent et le trouvèrent ;
te na Iliytcha doumali :ils dirent à Iliytcho :
« Iliytcho, selski tchorbadji,« Ô Iliytcho, ô notable du village,
10znaech li neydi robinya,sais-tu quelque part une esclave,
robinya da se prodava,une femme qui se vend comme esclave,
robinya da se zalaga ? »une femme qui s’engage comme esclave ? »
Iliytcho douma tri Tourtsi,Iliytcho dit aux trois Turcs,
tri Tourtsi, trima zagărtsi :aux trois Turcs, aux trois grécisés :
15« Azi si imam robinya,« J’ai chez moi une esclave,
robinya da se prodava,une femme qui se vend comme esclave,
robinya da se zalaga,une femme qui s’engage comme esclave,
ala i skăpa tsenatamais son prix est très haut —
dve krini beli bechlitsi,deux boisseaux de pièces d’argent blanc,
20dve krini jălti jăltitsi. »deux boisseaux de pièces d’or jaune. »
Poustite Tourtsi zagărtsiLes maudits Turcs grécisés
mnogo sa bili prokletiétaient très détestables —
kolkot poïska Iliytcho,autant qu’Iliytcho demanda,
tolkova Tourtsi dadoha.autant les Turcs lui donnèrent.
25Iliytcho nichto ne retche,Iliytcho ne dit rien,
nisko zemyata pogledna,il fixa son regard en terre,
ot kafeneto izleze.il sortit de la maison de café.
Iliytchovite drougari,Les compagnons d’Iliytcho,
te se Iliytchou prismyaha :ils se raillèrent d’Iliytcho :
30« Ichalla, Iliytcho, machalla« Maşallah, ô Iliytcho, bravo
chto si boulkata prodade,d’avoir vendu ton épouse,
boulkata, byala Petranka !ton épouse, la blanche Petranka !
Nali be boulka rabotna,C’était pourtant une épouse travailleuse,
rabotna ochte imotna. »travailleuse et riche en biens. »
35Tche stana Iliytcho, tche stana,Et Iliytcho se leva, il se leva,
pravo ou tyah si otide,il s’en retourna droit chez lui,
kăde kat hodi, vse platchi,partout où il marchait, il pleurait,
ot Petranka se potoulyail se dissimula de Petranka
da go ne vidi Petranka,pour ne pas que Petranka le vît,
40da go ne tchoue Petranka.pour ne pas que Petranka l’entendît.
Tche go Petranka vidyalaMais Petranka le vit
i na Iliytcha prodouma :et elle se mit à parler à Iliytcho :
« Iliytcho, selski tchorbadji,« Ô Iliytcho, ô notable du village,
Iliytcho, moy stopanino,ô Iliytcho, ô mon maître,
45chto po dvor hodich i platchechpourquoi marches-tu dans la cour en pleurant
i sălzi ronich do zemyaet en versant des larmes jusqu’à terre —
dali nyamame da yademn’avons-nous pas de quoi manger
i na drouguite da dadem ? »et de quoi offrir aux autres ? »
Iliytcho douma Petranki :Iliytcho parla à Petranka :
50« Da znaech, ala ne znaech :« Si tu le savais, mais tu ne sais pas :
az te, Petranke, prodadohje t’ai vendue, ô Petranka,
na trima Tourtsi zagărtsi.à trois Turcs grécisés.
Da ranich rano zarana,Lève-toi de bonne heure demain,
ogănya da si nakladech,allume un feu dans l’âtre,
55okatchi mednik na ogăn,suspends un chaudron sur le feu,
detsata da si okăpech,donne un bain à tes enfants,
detsata, dve bliznatcheta. »à tes enfants, aux deux petits jumeaux. »
Petranka nichto ne retche,Petranka ne dit rien,
rano zaranta ranila,elle se leva de bonne heure le matin,
60tche si ogănya naklala,et elle alluma un feu dans l’âtre,
naklala, voda stoplila,elle alluma un feu, elle chauffa de l’eau,
tche si detsata okăpa,et elle donna un bain à ses enfants,
detsata, dve bliznatcheta,à ses enfants, aux deux petits jumeaux,
okăpa i gui nakărmi,elle leur donna un bain et les allaita,
65jalna im pessen zapeya :elle leur chanta une triste chanson :
« Nani mi, nani, dva sina,« Dodo, dodo, ô mes deux fils,
dva sina, dor dva bliznaka,ô mes deux fils, ô deux petits jumeaux,
touy chte vi y, mama, kăpane,ce fut, ô fistons, votre dernière baignade,
kăpane i povivane,baignade et emmaillotement,
70kărmene i prispivane.allaitement et bercement.
Rastete i porastete,Grandissez et développez-vous,
dobri younatsi stanete,devenez de bons preux,
vyarna droujina sbereterassemblez une troupe fidèle
ot sedemdesset younaka,de soixante-dix preux,
75hraneni kone koupete,achetez des chevaux étoffés,
gore v Balkana idete,allez là-haut dans le Balkan,
pitayte i razpitvaytedemandez et questionnez
de ima stara robinya,où il y aurait une vieille esclave,
robinya da se e prodala,une femme vendue comme esclave,
80prodala i zalojilaune femme engagée comme esclave
na trima Tourtsi zagărtsi. »par trois Turcs grécisés. »
Petrankinite bliznatsiLes jumeaux de Petranka
rastnali i porastnali,grandirent et se développèrent,
dobri younatsi stanali,ils devinrent de bons preux,
85vrani si kone koupili,ils achetèrent des chevaux moreaux,
trăgnali vredom v selatails partirent faire le tour des villages
dano mayka si nameryat.dans l’espoir de retrouver leur mère.
Vărveli chto sa vărveli,Ils cheminèrent ce qu’ils cheminèrent,
minali gora zelena,ils passèrent un bois vert,
90nastali pole chiroko,ils parvinrent à une vaste plaine,
sred poledărvo vissoko,au milieu de la plaine — un grand arbre,
pod dărvostouden kladenets.sous l’arbre — un puits frais.
Sednali da si potchinat,Ils s’assirent pour se reposer,
stoudena voda da piyat,pour boire de l’eau fraîche,
95po malko hlebets da hapnat.pour manger un peu de pain.
Otdolou ide kadăna,D’en bas arrive une femme turque,
kadăna, baba hanăma,une femme turque, une vieillarde turque,
săs beli mentsi na ramo ;avec des chaudrons blancs sur l’épaule ;
hanăma douma momtcheta :la femme turque dit aux garçons :
100« Dobăr den, dobri younatsi,« Bonjour, ô bons preux,
otkăde, baba, idete,d’où venez-vous, ô fistons,
idete, de otivate ? »venez-vous, où allez-vous ? »
Younatsi baba doumaha :Les preux disaient à la vieillarde :
« Kadăno, babo hanămo,« Ô femme turque, ô vieillarde turque,
105nie sme, babo, trăgnalinous sommes, ô vieillarde, partis
stara robinya da tărsim,chercher une vieille esclave,
nachata mila maytchitsa. »notre chère maman. »
Baba younatsi doumache :La vieillarde disait aux preux :
« Azi săm stara robinya ! »« C’est moi qui suis la vieille esclave ! »
110Tche si mentsite svalilaAlors elle déposa les chaudrons
i si feredje hvărlilaet elle jeta le haïk qui voilait son visage
i pri younatsi otichlaet elle alla devant les preux
i na younatsi doumala :et elle dit aux preux :
« Younatsi, mili mamini,« Ô preux, chers à votre mère,
115azi săm vachta maytchitsa ! »c’est moi qui suis votre maman ! »

Traduction inédite

Mise à jour le 17 août 2008

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