Chansons populaires bulgares
Bălgarski narodni pesni
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Accueil } Verkovitch, Chansons populaires des Bulgares macédoniens } Or çà, Dena, ô jeune fille Dena…
«MORE, Deno, mome Deno !«OR çà, Dena, ô jeune fille Dena !
Chto si, Deno, na den bela,Pourquoi, ô Dena, un jour es-tu blanche,
na den bela i tsărvena,un jour es-tu blanche et rouge,
ya na den si se zelena ?et un autre es-tu toute verte ?
5Varay, drouchki nevernitsi !— Écoutez, ô incrédules compagnes !
I yaz ne zna zachto e DenaMoi non plus je ne sais pas pourquoi Dena
na den bela i tsărvena,est un jour blanche et rouge,
ya na deni se zelena.et un autre toute verte.
More, Deno, mila drouchko !— Or çà, Dena, ô chère compagne !
10Koy ti dade taya kitka,Qui t’a donné ces fleurs
chto ga nossich ot den na den,que tu portes de jour en jour,
ot den na den na glavata ?de jour en jour sur ta tête ?
More, drouchki nevernitsi !— Or çà, incrédules compagnes !
Taya kitka Stoyan nabra,Ces fleurs c’est Stoyan qui les a cueillies,
15Stoyan nabra ot gorata.c’est Stoyan qui les a cueillies dans le bois.
More, Deno, mome Deno !— Or çà, Dena, ô jeune fille Dena !
Taya kitka touk ga nema,Il n’y pas de ces fleurs-là par ici,
ne vo pole, ne vo gora !ni dans la plaine, ni dans le bois !
Varay, Deno, mila drouchko !Écoute, ô Dena, ô chère compagne !
20Tebe, Deno, zmey te lyoubi. »C’est un dragon, ô Dena, qui te courtise. »
Ochte retchta ne doretche,Elles n’avaient pas encore fini de parler,
kitka padna Deninite,que des fleurs tombèrent sur la jupe,
Deninite tenki skouti,sur la fine jupe de Dena,
ot yasnina bez oblatsi.par un temps clair, sans nuages.
25Po kitkata, mome Deno,Avec les fleurs, ô jeune fille Dena,
po kitkata zmey si padna,avec les fleurs un dragon se posa,
zmey si padna Deninite,un dragon se posa sur la jupe,
Deninite tenki skouti.sur la fine jupe de Dena.
Odgovori moma Dena :La jeune fille Dena repartit :
30« Gleday, drouchki, da verouvach« Voyez, ô compagnes, afin de me croire
zachto e Dena na den bela,pourquoi Dena est un jour blanche,
na den bela i tsărvena,est un jour blanche et rouge,
ya na den sam se zelena. »et un autre je suis toute verte. »
Notes et variantes
17 touk ga : tou ga (Verkovitch [1860], № 14), tou ga (Verkovitch [1966], № 14). || 20 C’est un dragon ô Dena qui te courtise : « L’analyse des chansons sur les […] dragons nous porte à une autre pensée — qu’il ne s’agit pas ici uniquement de vieilles représentations mythologiques, mais aussi de métaphores poétiques par lesquelles le peuple donne expression à ses sentiments et à ses rêves, à ses élans et à ses désirs. C’est une révolte originale contre les normes strictes de la morale patriarcale, contre les fers de la tradition […]. Tomber amoureux […] d’un dragon, s’enfuir de sa famille et de ses responsabilités familiales, se transporter passionnément d’amour […], rompre les relations traditionnelles du mariage, désirer une vie libre parmi la verdoyante nature plongée dans une beauté attirante et mystérieuse — se peut-il que tout cela soit uniquement un écho de vieilles croyances mythologiques ? Dans beaucoup de cas le mythe ici est uniquement un cadre, une forme dans laquelle s’épanchent les sentiments et rêves les plus intimes » (Dinekov [1972], p. 392).
Source
Verkovitch [1966], № 14.

Traduction inédite

Mise à jour le 8 octobre 2007

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