Chansons populaires bulgares
Bălgarski narodni pesni
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Accueil } Vărbanski, Les chansons des Bulgares de Berdyansk (Ukraine) } La Peste à la plume noire
MAMA na Rada doumache :LA maman disait à Rada :
« Săvna sa, Rado, săvna sa,« Le jour s’est levé, Rada, le jour s’est levé,
ya drăpni beli băkări,empoigne donc les chaudrons blancs,
ta dones voda stoudena.et apporte de l’eau fraîche.
5Outri e sveta nedelya,Demain c’est le saint dimanche,
otchite da si oumiya,que je lave mes yeux,
na Boga da sa pomolya ! »que j’adresse des prières à Dieu ! »
Rada si mama posloucha,Rada obéit à sa maman,
tche drăpna beli băkări,et elle empoigna les chaudrons blancs,
10tche na izvori za vodaet de l’eau à la source
da idi Rada, da dodi.Rada alla quérir.
Slăntseto stana na oubyad,Le soleil marqua le midi,
Rada ot voda ne dode.Rada ne revint pas de la source.
Koga si dode ot voda,Quand enfin elle revint de la source,
15mama na Rada doumache :la maman disait à Rada :
« Sinko Rado lyo, Rado lyo,« Ma fille Rada, ma Rada,
săs kogo sidya, sinyko lyo,avec qui étais-tu restée, ma fille,
săs kogo sidya, ortouvaavec qui étais-tu restée à bavarder
do tova vreme, Rado lyo ? »jusqu’à cette heure, ma Rada ? »
20Rada na mama doumache :Rada disait à sa maman :
« S nikogo, mamo, s nikogo,« Avec personne, maman, avec personne,
nay sidyah, mamo, ta gledahmais j’étais restée, maman, à regarder
Tchoumata tchernoperkata.la Peste à la plume noire.
Tchouma iz selo hodiche,La Peste allait à travers le village,
25v rătse tifteri nossiche ;dans ses mains elle portait des carnets ;
niyde nikogo, male mo,personne nulle part, maman,
tya ne haressa, ne pissa ;elle ne trouva à son goût ni n’inscrit ;
koga do karadjovi dode,quand elle arriva aux Karadjov,
do karadjovi dvorovi,à la cour des Karadjov,
30tamka haressa i pissalà elle trouva à son goût et inscrit
karadjovi devyat sina :les neuf fils des Karadjov :
s edna gui stryalka oudarid’une même flèche elle frappa
i devetinata bratya,tous les neuf frères,
sitchki legnaha, oumryaha.tous s’affaissèrent et moururent.
35Karadjata, mari male,Le Karadja, ô maman,
devyat dyoulyguerya dovedi,fit venir neuf charpentiers,
devyat sandăka da pravyat.pour construire neuf cercueils.
Karadjovitsa, mor male,L’épouse du Karadja, ô maman,
tya si po dvori hodicheelle marchait dans la cour
40i sitni sălzi roniche,et laissait tomber de fines larmes,
roussa si kossa skoubiche.elle arrachait ses cheveux blonds.
Tche sa dvamata săbraha,Et ils s’unirent tous les deux,
s Karadja, săs stopanyana,l’épouse avec le maître Karadja,
jouvi sa, mamo, sfanaha,ils s’étreignirent vivants, maman,
45ta tche sa mrătvi pousnaha.et puis ils se relâchèrent morts.
Tam sidyah, mamo, ta gledahJ’étais restée là, maman, à regarder
do tova vreme, male mo. »jusqu’à cette heure, ô maman. »
Source
Vărbanski [1910], № 274.

Traduction inédite

Mise à jour le 11 juillet 2008

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